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Même le silence a une fin, Ingrid Betancourt

2 Commentaires

ingrid betancourt

Tout le monde connaît Ingrid Betancourt. Son enlèvement par les FARC mais surtout sa libération ont fortement marqué l’actualité française en 2008. Ingrid Betancourt, candidate à l’élection présidentielle colombienne, pour le parti Oxigeno verde, est franco-colombienne. Elle s’investit dans la vie politique de la Colombie et devient parlementaire. En 2002, alors qu’elle fait campagne, elle se fait enlever par les FARC dont elle a déjà rencontré les chefs au cours de visites politiques. Ceux ci ont décidé de s’attaquer aux hommes et femmes politiques afin de négocier la libération de leurs membres détenus par les autorités colombiennes. C’est alors qu’un enfer de 6 ans et demi commence pour Ingrid Betancourt, enlevée avec sa directrice de campagne, Clara Rojas. Ce livre est le récit de ces 6 années, de l’enlèvement à sa libération tant attendue et pourtant presque plus espérée…

J’ai adoré ce livre de presque 700 pages que j’ai dévoré en quelques jours. C’est un peu gênant à dire mais il se dévore comme un livre d’aventures, plein de rebondissement, d’humanité, de faiblesses et de force. J’ai été happée par le style d’Ingrid Betancourt, élégante, précise, poétique parfois. J’avais entendu d’excellentes critiques à la sortie de ce livre et j’étais intriguée aussi par cette femme et les critiques parfois violentes dont elle avait fait l’objet par la part notamment d’autres otages alors qu’elle même ne semblait pas vouloir s’abaisser à un tel exercice. Eh bien oui, Ingrid Betancourt admet avoir eu parfois un comportement inapproprié, tout comme ses compagnons de détention, car la vie d’otage aux mains des FARC, parfois au sein de prisons construites à la va vite, mal nourri, maltraité… conduit parfois à des mesquineries et des relations conflictuelles. Car un otage conserve son caractère, ses qualités comme ses défauts, exarcerbés par les conditions difficiles de la détention et l’éloignement de ses proches.

Ingrid suscite mon admiration dans ce récit qui est sa vérité à elle, la façon dont elle a subi et supporté ces longues années de détention. Elle n’a jamais voulu se soumettre et accepter sa condition d’otage. Elle n’a jamais voulu s’abaisser dans une relation entre victime et bourreau. Elle a été arrogante parfois au point de provoquer des brimades supplémentaires. Elle a refusé d’être traité comme un chiffre, un animal, quelqu’un sans dignité. Et pourtant, la pente était raide parfois et il aurait  été parfois peut être plus facile de se laisser aller. Mais tout comme les autres otages, l’espoir, l’instinct de survie sont les plus forts et pousseront Ingrid avec Clara, puis seule puis avec son ami Lucho à tenter de s’évader, sans y parvenir. J’ai apprécié les relations fortes qu’Ingrid a pu tisser avec Lucho puis avec Marc notamment mais également avec Clara. Leur amitié n’a pas survécu à cette épreuve mais c’est une histoire complexe qui lie ses deux femmes.

J’ai aimé sa façon nuancée d’évoquer ses bourreaux. Elle compatit à la misère qui pousse des jeunes hommes et femmes, peu éduqués, à s’engager dans la guérilla. De nombreuses jeunes femmes voient dans cette situation une échappatoire à la prostitution et à la misère. Leur vie n’est toutefois jamais facile et on sent, dans ce livre, que des liens d’humanité se tissent entre les femmes. Ingrid subit des brimades particulières dues à sa condition de femme mais également de femme politique, médiatisée et « étrangère ». Elle est parfois surprise par le retournement de comportement de certains de ses gardiens, qui peuvent montrer une grande humanité tout en montrant qu’ils n’hésiteraient pas, le moment venu, à lui tirer une balle dans la tête si l’ordre leur était donné.

Ce témoignage n’est ni ennuyeux ni pathétique. Il est puissant, il absorbe entièrement le lecture qui finit par dévorer cette histoire à la fois terrible et courageuse. Abandonnez vos a priori sur Ingrid Betancourt, imaginez vous à sa place, dans cette lutte pour la survie, loin de vos proches, pendant 6 longues années. Lisez le comme le témoignage d’une femme mais également comme une description de la vie quotidienne des guérilleros, de leur engagement et de leur façon de voir la politique en Colombie. Enfin vibrez avec Ingrid lors de ses tentatives d’évasion, lors de ses moments de maladie et de dépression, d’inquiétude pour ses compagnons de survie… et exultez avec eux lors de leur libération, spectaculaire et touchante, par l’armée colombienne. N’hésitez pas, ouvrez ce livre, je pense que vous ne verrez plus Ingrid Betancourt de la même façon.

2 réflexions sur “Même le silence a une fin, Ingrid Betancourt

  1. Salut,
    Hé tu m’a donné envie de le lire🙂
    des bizzzz

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