Nag…and so on…

Un peu de tout, un peu de moi and so on…


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La Bible selon le Chat, Philippe Geluck (et Dieu)

Je vis depuis un an en Belgique et j’en profite pour découvrir la BD que je connaissais très mal! J’avais envie de découvrir Philippe Geluck, que je trouvais assez amusant en interview en particulier dans l’émission de France Inter « Tout et son contraire ». Il avait en effet expliqué avoir écrit cette « Bible » alors qu’une appli avait été créée et lui imposait de produire un dessin par jour! Un matin il n’avait pas d’idée et a décidé de faire une vignette noire sur la création de la lumière… et il s’est lancé dans une Bible selon le chat! J’ai trouvé l’anecdote amusante et je me suis lancée dans cette lecture!

bible selon chat

Je dois dire que j’ai beaucoup ri!!! Geluck raconte sa version de la Bible avec le Chat dans le rôle de Dieu accompagné de son fidèle mouton! L’histoire est assez osée par moment, très libre mais l’on retrouve clairement quelques références à la Bible qui m’ont beaucoup amusée. J’ai gloussé régulièrement et Mr Nag a beaucoup aimé également! C’est un humour léger tant au niveau des textes que des dessins! Le Chat est un Dieu indécis, hésitant (il s’y prend à plusieurs fois pour créer le monde et toutes les créatures qui le peuplent),  qui fourmille de bonnes idées (la création des animaux et des hommes, l’arche de Noé)! Il est accompagné de son meilleur ami, le mouton appelé Pascal 😉

Cette lecture m’a donné envie de découvrir les autres BD de Philippe Geluck et son personnage du Chat que je connaissais visuellement mais que je n’avais jamais eu l’occasion de lire!

bible chat 2

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Patients, Grand corps malade

patientsIl est sans doute inutile de présenter Grand Corps Malade. Mais on ne sait jamais, peut être que certains vont le découvrir par ce billet ou via son ouvrage. Grand Corps Malade est le pseudo de Fabien Marsaud, un jeune homme qui a popularisé le slam en France. Fabien se destinait à une carrière de basketteur lorsqu’il a eu un accident visiblement assez répandu malheureusement: au cours d’une soirée, il plonge dans une piscine pas assez remplie et se cogne la tête. Il sera tétraplégique. Dans ce livre, il raconte son hospitalisation après l’accident, de la réanimation au centre de rééducation, au milieu d’autres « tétra », « para », « amputés » ou « grands brûlés ». Il raconte son parcours mais également ceux de ceux qui l’entourent. Des accidentés de la vie qui, pour certains, ne récupéreront jamais leurs capacités physiques.

Fabien lui, récupère, peu à peu, et de « tétra » devient « para » pour finir par retrouver la marche avec une canne. Il découvre à 20 ans le monde des handicapés, le regard sur son corps, l’intimité gênante parfois avec le personnel soignant et les rêves que l’on croit brisés.

Mais pas question de pleurer en lisant Patients. Fabien réussit à évoquer des histoires personnelles difficiles, son parcours admirable, sans jamais tomber dans le pathos. On sourit, on rit parfois car la vie reprend son cours, malgré l’accident et les difficultés. Certaines situations, pourtant pathétiques, nous font sourire finalement grâce à la plume de Fabien.

J’ai été touchée par ce livre, atypique, qui évoque le passage de la santé au handicap, le changement d’un jeune homme qui ne sera plus jamais le même et ne verra plus jamais la vie comme avant. Mais c’est aussi un beau message d’espoir sur la capacité du corps -et de l’esprit – à récupérer et à se battre et une incursion dans le monde du handicap lourd.

Fabien a une plume subtile, tendre et sans concessions. Il est parfois un peu cru, un peu direct pour nous rappeler que la vie peut être dure et moche. Mais il ressort beaucoup d’humanité et de tendresse de ce récit bouleversant. Beaucoup de poésie et d’humour dans ces mots, comme dans les slams de Grand Corps Malade. Je recommande vivement cette lecture que j’ai dévorée en quelques heures et qui a été un rayon de soleil malgré le sujet très grave.


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Scènes de la vie conjugale, Serge Hefez

scènes conjugalesSerge Hefez est psychiatre et psychanalyste et dirige l’unité de thérapie familiale dans le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent de la Pitié Salpétrière.

Dans ce livre, il a compilé les histoires de ses patients, anonymisées, pour raconter le couple. A travers ces histoires, touchantes, drôles, pathétiques parfois, débriefées avec beaucoup de retenue et d’analyse, le psychanalyste explique ce qui fait les couples et ce qui fait en particulier les couples d’aujourd’hui. En effet, psychanalyste depuis 30 ans, Serge Hefez a été un témoin privilégié de l’évolution de la famille. Il a tout vu défiler dans son cabinet: les couples gays, les échangistes, les couples divorcés, les couples libres, les cathos ou les délurés… sans jamais juger, il a essayé d’aider ces couples à trouver la solution pour durer, pour surmonter des épreuves ou des difficultés telles que l’infidélité, le libertinage,   l’arrivée des enfants, le deuil, l’ennui, etc.

Toutes ces histoires nous amènent à nous questionner sur notre couple et notre vision du couple mais également sur la normalité, la rencontre, la communication, les fantômes qui s’invitent dans le couple, les enfants et l’amour en général. J’ai trouvé la plupart des histoires très touchantes, parfois tristes et parfois émouvantes. La longueur de chaque histoire est variable mais chacune est suivie quelques pages d’analyse de la part du psychanalyste et parfois de quelques infos sur l’histoire du couple à la suite de sa visite ou de sa thérapie quand le médecin en disposait.

 

Il y a beaucoup de respect dans ces histoires, beaucoup d’humanité qui transparaît de la part de Serge Hefez! C’est un psychanalyste que j’aime beaucoup, qui aime ses patients et montre beaucoup d’humanité et de réalisme dans son approche, sans rester bloqué dans les carcans dogmatiques contrairement à d’autres psychanalystes.

Je vous recommande cette lecture vraiment intéressant et divertissante – j’ai parfois bien ri! – qui met à jour beaucoup d’amour de la part de ces couples qui venaient consulter et on parfois réussi à être plus heureux, ensembles ou pas.


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Lola, Alejandra Lunik

Lola est une jeune femme moderne, pleine de contradictions, et affublée d’une amie qui a la taille mannequin, pas de cellulite et toujours un mot sympa pour sa copine normale! Lola a beaucoup d’humour et de second degré! Elle s’engueule avec son mec, a ses hormones qui débarquent régulièrement et dansent la java, elle est drôle, indépendante et elle nous ressemble!Lola

Cette BD va dans le même sens que beaucoup d’auteurEs françaises ces dernières années: un portrait d’une jeune femme amusante où il est question de poids, de cellulite, de sexe, du couple…et organisé par saynètes.  Sur ce plan là, ce n’est pas très nouveau même si Alejandra Lunik est argentine et ne fait donc pas partie de ce mouvement des dessinatrices françaises du genre (Margaux Motin, Leslie Plée, Pénélope Bagieu, etc). Mais je dois dire que j’ai vraiment apprécié son coup de crayon et son humour. J’ai vraiment beaucoup souri et ri, ce qui ne m’était pas arrivé avec d’autres livres similaires, je pense notamment à la série des Joséphine, qui est très sympa mais pas aussi drôle et sympa que Lola. Je me suis beaucoup retrouvée dans ce personnage et j’ai passé un très bon moment! Les dessins sont colorés, sympathiques et variés, c’est vraiment très très sympa!

Je suis très nulle pour commenter des BD, c’est difficile car c’est plus une ambiance, un feeling, qu’une histoire à partager avec vous! Je vous invite donc à vous jeter sur cette BD vraiment divertissante et amusante afin de passer un bon  moment et fuir un peu la grisaille de l’automne qui arrive! ça fait du bien!

Pour ceux et celles qui lisent l’espagnol, vous pouvez aller faire un tour sur le blog d’Alejandra Lunik.


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La vie comme elle va, Alexander McCall Smith

la vie comme elle vaL’histoire: Mma Ramotswe, fiancée à Mr JLB Matekoni, commence à s’impatienter face à l’absence de décidion de ce dernier quant à la date et à l’organisation de son mariage.  Elle essaie de comprendre que celui ci a du mal à prendre sa décision mais craint le jugement des autres face à son statut de « fiancée ». Son pauvre fiancé justement se retrouve pris au piège par Mme Potokwake, la directrice de l’orphelinat, qui le piège afin qu’il effectue un saut en parachute caritatif. Le pauvre JLB Matekoni se retrouve une nouvelle fois dans un sacré bourbier. Mma Makutsi atteint un certain confort matériel grâce au complément de revenus que lui apporte l’école de dactylographie et s’offre une petite maison en location. Les affaires de l’agence de détective fonctionnent bien et Mma Ramotswe enquête sur les prétendants d’une femme riche qui craint que ceux ci n’en veuillent à son argent.

Une fois de plus j’ai retrouvé Mma Ramotswe avec bonheur! C’est un personnage agréable, plein de bon sens et très attachée aux valeurs traditionnelles du Botswana. J’ai eu d’autant plus envie de lire ce livre que j’étais en vacances en Namibie, pays frontalier du Botswana et que j’ai pu découvrir le désert du Kalahari que Mma Ramotswe aime tant. J’y ai vu les paysages, le bétail, les garagistes et réparateurs de pneus, la faune et la flore des romans d’Alexander McCall Smith. Je me suis régalée de la traduction qui restitue à merveille le rythme du français africain, sans jamais aller dans des accents ou un parler caricatural. On entend l’Afrique, on ressent l’Afrique quand on lit Mma Ramotswe. Comme souvent, ses enquêtes se déroulent tranquillement et permettent de mettre à jour des personnalités bonnes ou mauvaises, des leçons de vie que Mma Ramotswe emmagasine dans son catalogue de connaissances, utiles pour son travail de détective. Ce roman là est par contre très centré sur la relation entre JLB Matekoni et Mma Ramotswe, leurs projets de mariage et le saut en parachute de ce dernier. A dévorer, encore et toujours!!!


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La Légende des Hautes Terres, Mireille Calmel

La Légende des Hautes Terres est une série de romans écrits par Mireille Calmel qui se compose de deux sagas:

  • Le chant des sorcières (3 tomes)
  • La reine de Lumière (2 tomes)

J’ai lu ces 5 romans à la suite donc j’en profite pour vous les présenter ensemble. Je suis assez incapable de vous découper l’intrigue en suivant les différents tomes.

Le chant des sorcières

chant sorcières 1

L’hichant sorcières 2chant sorcières 3stoire: 1483, Algonde,  fille de l’intendante du château de Sassenage, dans le Vercors, est sauvée miraculeusement de la noyade dans le Furon. Elle affirme que la fée Mélusine l’a sauvée. Rapidement, elle va comprendre que son destin est lié à la légende de la fée Mélusine et au château de Sassenage: elle seule peut aider à contrer une malédiction qui a conduit Mélusine à être prisonnière des eaux. Ces révélations vont brouiller les projets d’avenir qu’Algonde avait construits avec Matthieu, son ami d’enfance. Elle va ensuite être attachée au service de Philippine, la fille du baron de Sassenage, dont le destin est également lié à Mélusine et à la légende des hautes terres. Les deux jeunes femmes vont être très liées et vont devoir affronter de nombreuses épreuves, entre la réalité et le monde magique, afin de faire triompher le Bien et de retrouver le Royaume des Hautes Terres.

Je suis tombée sur ces romans alors que je ne connaissais Mireille Calmel que de nom. J’ai dans ma PAL depuis des années Le Lit d’Aliénor, de cet auteur, que je n’ai jamais ouvert. J’ai donc tenté le Chant des sorcières en pensant qu’il s’agissait d’un roman historique! Erreur… C’est un roman qui se passe au Moyen Âge mais nous ne sommes pas vraiment dans un roman historique, ou en tout cas pas hyper sérieux malgré les ouvrages et documents cités dans la bibliographie par l’auteur! Je suis assez partagée sur ces romans que j’ai pourtant lus très rapidement à la suite avant d’enchaîner avec les 2 tomes de La Reine de Lumière.

J’avoue qu’au début, ces histoires de sorcières, de fées, de légendes et de Mélusine ne m’a pas convaincue. J’ai même dit à Mr Nag que c’était du grand n’importe quoi. J’aime pourtant les romans d’heroic fantasy, les littératures de l’imaginaire mais là j’ai trouvé ça léger.. Et pourtant j’ai tout lu! Eh oui parce que c’était efficace et que c’était une bonne lecture d’été. Reposant, prenant tout de même si on n’était pas trop pointilleux sur la vraisemblance et un style un peu agaçant. L’auteur essaie d’imiter un style médiéval en utilisant certains mots anciens tels que « dextre » et « senestre » pour droite et gauche par exemple. Mais les dates sont annoncées dans un langage très contemporain, les conversations entre les protagonistes également! J’ai trouvé ça un peu agaçant.

Au final, cette lecture a été très divertissante, c’est une bonne lecture d’été pour l’avion. J’ai été prise par les rebondissements de ces romans, par l’intrigue assez simple mais qui tenait bien la route. Ce n’est pas de la grande littérature mais ça change les idées et finalement l’auteur réussit à nous embarquer dans ses histoires de fées. Ceci dit, si je n’avais pas lu les 3 tomes dans la foulée, je n’aurais sans doute jamais ouvert le tome 2. J’ai d’ailleurs hésité à stopper ma lecture dès les premiers chapitres du premier tome.

La Reine de Lumière

reine lumière t1

Reine lumière t2 L’histoire: Après la disparition d’Algonde, sa fille, Elora, a été élevée en cachette par Hélène. Celle ci dispose de pouvoirs grandissants et est très mûre pour son âge. Elle décide de reprendre ce que sa mère avait entrepris et de réaliser son destin. Matthieu de son côté, fou de douleur suite à la mort d’Algonde, s’est enrôlé chez les brigands de grand chemin. Un jour Algonde découvre un messager assassiné dans le bois du château qui venait annoncer à Hélène la libération de Djem. C’est le début d’un voyage pour les Sassenage et pour Elora qui découvre peu à peu les bases de sa mission et sème les jalons du retour dans les Hautes Terres.

J’ai enchaîné avec ces 2 tomes, j’avais récupéré l’ensemble par une amie et je les avais gardés dans ma liseuse. Je ne savais pas quoi lire pendant mon voyage et les très longues heures d’avion et d’attente qui m’attendait. Le récit devient de plus en plus abracadabrant avec le personnage d’Elora qui, pourtant âgé de 10 ans, grandit plus rapidement que les autres… L’histoire devient de plus en plus ésotérique. ça se lit, ça tient toujours la route et ça permet de continuer l’histoire des romans précédents mais c’est franchement pas terrible. Les histoires de pouvoirs, d’énergie pure avec les anciens et tous ces trucs m’ont semblé vraiment ridicules même si ces romans apparaissent davantage comme des romans historiques avec l’implication du Prince Djem, des Borgia, du Roi de France…  J’ai continué pour connaître la fin de cette série mais j’étais moins convaincue de ces 2 derniers romans. Je ne regrette pas cette lecture, elle correspondait à ce dont j’avais besoin, juste avant les vacances!!! Mais je ne suis pas sûre que je relirais Mireille Calmel de si tôt, j’ai fait une overdose 😉


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Des gens très bien, Alexandre Jardin

Le grand-père d’Alexandre Jardin, Jean Jardin dit « le Nain Jaune », a été un haut fonctionnaire du régime de Vichy et notamment le directeur de cabinet de Pierre Laval, chef du gouvernement français, notamment au moment de la rafle du Vel d’Hiv. L’histoire de ce grand-père adulé de tous met Alexandre Jardin mal à l’aise. Sa famille a toujours minimisé l’implication du patriarche dans le gouvernement de Vichy mais les recherches réalisées par son petit fils tout comme les gaffes et autres anecdotes familiales l’amènent à penser le contraire et à questionner l’histoire familiale. Alexandre Jardin, dans ce livre, règle également des comptes avec sa famille, aveugle de son histoire…

J’aime beaucoup Alexandre Jardin. Je l’ai d’abord aimé à travers ses romans qui ont ponctué mon adolescence même si j’ai découvert son oeuvre en commençant pas le Zubial qui relate l’histoire de son père, Pascal Jardin, décédé à 46 ans. Cette première lecture m’a permis de mieux comprendre les romans suivants et encore plus cet ouvrage dans lequel il relate l’histoire de son grand père, Jean Jardin, directeur de Cabinet de Laval en 1942-43, notamment pendant la Rafle du Vel d’Hiv. Alexandre Jardin explique s’être intéressé à son illustre aïeul très jeune, nourri d’anecdotes ou de lapsus familiaux l’ayant conduit à lire encore et encore tous les ouvrages sur la guerre et la collaboration en France. Il s’étonne comme son grand-père passe pour un homme très bien, vénéré par sa descendance, alors qu’il semble évident qu’il a été à un moment où un autre au courant de la Solution finale et de la Rafle du Vel d’Hiv mais également alors qu’il était nécessairement antisémite. On ressent dans ce livre toute la colère et l’incompréhension d’Alexandre Jardin, face à sa famille et en particulier face à son père qui a participé à la construction de cette image fantasmée du grand père…

Alexandre Jardin a été beaucoup critiqué pour ce livre alors qu’il annonce lui même ne pas confondre son rôle d’écrivain avec celui d’historien. Il interroge la mémoire familiale et les faits historiques qu’il a pu glaner. Je dois dire que je m’interroge comme lui : lorsqu’on sait le rôle des directeurs de cabinet, comment son grand père n’aurait il pas été informé du sort réservé aux Juifs de France ou encore de la Solution finale… Il a forcément valider un certain nombre de textes législatifs anti-juifs avant de les soumettre à Pierre Laval dont il gardera jusqu’à la fin de sa vie le portrait sur son bureau. Autre étonnement de Jardin : aucune archive n’évoque son grand père clairement alors que celui ci a sans conteste joué un rôle important dans le régime de Vichy puis dans la vie politique de l’après guerre. Celui ci y voit une sorte d’épuration des archives, une destruction organisée et je dois dire que cela est troublant. Surtout quand Alexandre Jardin explique avoir trouvé, alors qu’il était adolescent, dans le grenier de la maison familiale, des cartons remplis de documents et de témoignages visant à blanchir son grand père au cas où il serait poursuivi par les tenants de l’Epuration.

Ce livre est  à la fois organisé et désorganisé. Il suit une ligne historique pour suivre l’histoire du grand père mais on y trouve de multiples digressions renvoyant à des souvenirs ou à l’histoire familiale. Je comprends le malaise d’Alexandre Jardin face à ce non-dit familial mais également de la part des biographes de son grand père et principalement de Pierre Assouline. Ce dernier a d’ailleurs rédigé une diatribe assez violente contre l’ouvrage d’Alexandre Jardin qui je pense a nourri fortement la polémique. On connaît l’influence d’Assouline dans le milieu littéraire et je m’étonne de cette violence alors qu’Alexandre Jardin, tout en critiquant la façon dont cette biographie n’a pas interrogé le passé collaborationniste de son grand père, n’arrête pas de répété qu’Assouline est un ami… Oui Alexandre Jardin pourrait prendre un peu de distance parfois. Il semble un peu naïf : ce n’est pas une surprise que son grand père ait été antisémite. Même si ce n’est pas une excuse et que tout le monde ne l’était pas, Jean Jardin était sans conteste un homme de son temp et l’antisémitisme était très répandu à cette époque. Mais encore une fois, Jardin ne se la joue pas à l’historien et à la fois on sent qu’il est difficile de prendre de la distance compte tenu de son indignation et de la blessure qu’il porte. Cet engagement d’ailleurs donne vie à cet ouvrage.

Alexandre Jardin a mis ses tripes dans ce livre, on le ressent à chaque ligne. Cela l’amène parfois à beaucoup de lyrisme notamment lorsqu’il explique qu’il a cherché à comprendre et connaître la religion juive, la religion du livre, ce qui l’a conduit à créer l’association Lire et Faire lire… Personnellement, j’aime beaucoup son style, je l’ai toujours aimé (j’ai lu à peu près l’ensemble de son oeuvre). Je trouve son style moderne, intelligent, rythmé.

On en pensera ce qu’on voudra mais cela donne une autre perspective à la famille Jardin qui a fait l’objet de nombreux ouvrages de la part de sa descendance, tous plus farfelus les uns que les autres. Je pense à Le Nain Jaune de Pascal Jardin, lu il y a des années, au Zubial d’Alexandre Jardin mais également au Roman des Jardin, tous lus avant de créer ce blog.

Enfin si vous voulez avoir un éclairage d’un grand historien du régime de Vichy, je vous invite à lire cette interview de Robert Paxton, ce grand historien américain qui le premier a révélé le rôle du régime de Vichy dans la déportation des Juifs de France, réalisée par Le Point.