Nag…and so on…

Un peu de tout, un peu de moi and so on…


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Patients, Grand corps malade

patientsIl est sans doute inutile de présenter Grand Corps Malade. Mais on ne sait jamais, peut être que certains vont le découvrir par ce billet ou via son ouvrage. Grand Corps Malade est le pseudo de Fabien Marsaud, un jeune homme qui a popularisé le slam en France. Fabien se destinait à une carrière de basketteur lorsqu’il a eu un accident visiblement assez répandu malheureusement: au cours d’une soirée, il plonge dans une piscine pas assez remplie et se cogne la tête. Il sera tétraplégique. Dans ce livre, il raconte son hospitalisation après l’accident, de la réanimation au centre de rééducation, au milieu d’autres « tétra », « para », « amputés » ou « grands brûlés ». Il raconte son parcours mais également ceux de ceux qui l’entourent. Des accidentés de la vie qui, pour certains, ne récupéreront jamais leurs capacités physiques.

Fabien lui, récupère, peu à peu, et de « tétra » devient « para » pour finir par retrouver la marche avec une canne. Il découvre à 20 ans le monde des handicapés, le regard sur son corps, l’intimité gênante parfois avec le personnel soignant et les rêves que l’on croit brisés.

Mais pas question de pleurer en lisant Patients. Fabien réussit à évoquer des histoires personnelles difficiles, son parcours admirable, sans jamais tomber dans le pathos. On sourit, on rit parfois car la vie reprend son cours, malgré l’accident et les difficultés. Certaines situations, pourtant pathétiques, nous font sourire finalement grâce à la plume de Fabien.

J’ai été touchée par ce livre, atypique, qui évoque le passage de la santé au handicap, le changement d’un jeune homme qui ne sera plus jamais le même et ne verra plus jamais la vie comme avant. Mais c’est aussi un beau message d’espoir sur la capacité du corps -et de l’esprit – à récupérer et à se battre et une incursion dans le monde du handicap lourd.

Fabien a une plume subtile, tendre et sans concessions. Il est parfois un peu cru, un peu direct pour nous rappeler que la vie peut être dure et moche. Mais il ressort beaucoup d’humanité et de tendresse de ce récit bouleversant. Beaucoup de poésie et d’humour dans ces mots, comme dans les slams de Grand Corps Malade. Je recommande vivement cette lecture que j’ai dévorée en quelques heures et qui a été un rayon de soleil malgré le sujet très grave.


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D’autres vies que la mienne, Emmanuel Carrère (abandon)

d'autres vies 2

L’histoire: Emmanuel Carrère entame ce livre -est ce un roman?- avec son expérience difficile du tsunami lors de ses vacances au Sri Lanka. Alors que sa propre famille est épargnée par la catastrophe, par hasard, sa compagne et lui même retrouvent un couple de Français avec lesquels ils avaient sympathisé. Leur petite fille de 4 ans a été tuée. Le narrateur raconte cette expérience puis enchaîne sur un autre événement très difficile à son retour en France:  le décès de la soeur de sa compagne,  Juliette, la jeune juge connue pour avoir défendu les consommateurs avec Etienne Rigal (ces 2 personnages ont fait l’objet du film « Toutes nos envies »). Il poursuit ensuite avec un portrait de ce juge convaincu, amputé suite à un cancer alors qu’il avait 20 ans…

Ce roman m’a interpelée d’abord car je revenais moi même du Sri Lanka et j’étais curieuse de connaître l’expérience tragique de l’auteur. J’avais également envie de découvrir cet auteur depuis longtemps. Enfin, j’ai continué la lecture lorsqu’il a effectué le portrait d’Etienne Rigal, un juge convaincu que j’ai eu l’occasion de croiser dans mon travail. Tout cela m’a interpelée et, bien qu’il y a une ligne assez claire entre ces histoires (l’auteur raconte des vies tragiques autour de lui…), je trouve que tout ça est assez décousu et finalement rien n’est vraiment mis en valeur. Le style de l’auteur est bon mais finalement assez sec et informatif… je n’ai pas vraiment apprécié sa plume bien que ce soit un bon écrivain. Je m’attendais à un style plus marqué, moins journalistique.

L’auteur fait néanmoins passé beaucoup d’émotions lorsqu’il évoque ces vies tragiques, touchantes, fortes…pour autant, j’ai choisi de l’arrêter en cours de route! Cet ouvrage était assez pesant pour moi par son sujet qui m’a rappelé quelques souvenirs et le style de l’auteur ne m’a pas donné envie de continuer la lecture. Je ne comprenais pas non plus où il souhaitait aller avec ces histoires là… passionnantes mais traitées finalement d’une façon un peu ennuyeuse! Après 1 mois sans avoir repris ma lecture, j’ai finalement décidé de m’en tenir là. Je ne lirai probablement pas Emmanuel Carrère avant quelque temps même si le début de ce livre m’a plu. J’ai envie de plus de divertissement en ce moment…


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Même le silence a une fin, Ingrid Betancourt

ingrid betancourt

Tout le monde connaît Ingrid Betancourt. Son enlèvement par les FARC mais surtout sa libération ont fortement marqué l’actualité française en 2008. Ingrid Betancourt, candidate à l’élection présidentielle colombienne, pour le parti Oxigeno verde, est franco-colombienne. Elle s’investit dans la vie politique de la Colombie et devient parlementaire. En 2002, alors qu’elle fait campagne, elle se fait enlever par les FARC dont elle a déjà rencontré les chefs au cours de visites politiques. Ceux ci ont décidé de s’attaquer aux hommes et femmes politiques afin de négocier la libération de leurs membres détenus par les autorités colombiennes. C’est alors qu’un enfer de 6 ans et demi commence pour Ingrid Betancourt, enlevée avec sa directrice de campagne, Clara Rojas. Ce livre est le récit de ces 6 années, de l’enlèvement à sa libération tant attendue et pourtant presque plus espérée…

J’ai adoré ce livre de presque 700 pages que j’ai dévoré en quelques jours. C’est un peu gênant à dire mais il se dévore comme un livre d’aventures, plein de rebondissement, d’humanité, de faiblesses et de force. J’ai été happée par le style d’Ingrid Betancourt, élégante, précise, poétique parfois. J’avais entendu d’excellentes critiques à la sortie de ce livre et j’étais intriguée aussi par cette femme et les critiques parfois violentes dont elle avait fait l’objet par la part notamment d’autres otages alors qu’elle même ne semblait pas vouloir s’abaisser à un tel exercice. Eh bien oui, Ingrid Betancourt admet avoir eu parfois un comportement inapproprié, tout comme ses compagnons de détention, car la vie d’otage aux mains des FARC, parfois au sein de prisons construites à la va vite, mal nourri, maltraité… conduit parfois à des mesquineries et des relations conflictuelles. Car un otage conserve son caractère, ses qualités comme ses défauts, exarcerbés par les conditions difficiles de la détention et l’éloignement de ses proches.

Ingrid suscite mon admiration dans ce récit qui est sa vérité à elle, la façon dont elle a subi et supporté ces longues années de détention. Elle n’a jamais voulu se soumettre et accepter sa condition d’otage. Elle n’a jamais voulu s’abaisser dans une relation entre victime et bourreau. Elle a été arrogante parfois au point de provoquer des brimades supplémentaires. Elle a refusé d’être traité comme un chiffre, un animal, quelqu’un sans dignité. Et pourtant, la pente était raide parfois et il aurait  été parfois peut être plus facile de se laisser aller. Mais tout comme les autres otages, l’espoir, l’instinct de survie sont les plus forts et pousseront Ingrid avec Clara, puis seule puis avec son ami Lucho à tenter de s’évader, sans y parvenir. J’ai apprécié les relations fortes qu’Ingrid a pu tisser avec Lucho puis avec Marc notamment mais également avec Clara. Leur amitié n’a pas survécu à cette épreuve mais c’est une histoire complexe qui lie ses deux femmes.

J’ai aimé sa façon nuancée d’évoquer ses bourreaux. Elle compatit à la misère qui pousse des jeunes hommes et femmes, peu éduqués, à s’engager dans la guérilla. De nombreuses jeunes femmes voient dans cette situation une échappatoire à la prostitution et à la misère. Leur vie n’est toutefois jamais facile et on sent, dans ce livre, que des liens d’humanité se tissent entre les femmes. Ingrid subit des brimades particulières dues à sa condition de femme mais également de femme politique, médiatisée et « étrangère ». Elle est parfois surprise par le retournement de comportement de certains de ses gardiens, qui peuvent montrer une grande humanité tout en montrant qu’ils n’hésiteraient pas, le moment venu, à lui tirer une balle dans la tête si l’ordre leur était donné.

Ce témoignage n’est ni ennuyeux ni pathétique. Il est puissant, il absorbe entièrement le lecture qui finit par dévorer cette histoire à la fois terrible et courageuse. Abandonnez vos a priori sur Ingrid Betancourt, imaginez vous à sa place, dans cette lutte pour la survie, loin de vos proches, pendant 6 longues années. Lisez le comme le témoignage d’une femme mais également comme une description de la vie quotidienne des guérilleros, de leur engagement et de leur façon de voir la politique en Colombie. Enfin vibrez avec Ingrid lors de ses tentatives d’évasion, lors de ses moments de maladie et de dépression, d’inquiétude pour ses compagnons de survie… et exultez avec eux lors de leur libération, spectaculaire et touchante, par l’armée colombienne. N’hésitez pas, ouvrez ce livre, je pense que vous ne verrez plus Ingrid Betancourt de la même façon.


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Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan


L’histoire: L’auteur raconte l’histoire familiale et notamment celle de sa mère marquée par la maladie: elle est bipolaire. Elle s’interroge sur l’origine de cette maladie, sur le passé de sa mère en remontant l’histoire familiale jusqu’à la mort de celle ci.

 

J’ai aimé ce roman qui m’a mise mal à l’aise tout de même! J’ai aimé car elle décrit avec beaucoup de tendresse l’histoire de sa famille maternelle et de la maladie de sa mère, tout en ne négligeant pas les difficultés auxquelles elle a dû faire face, notamment lorsqu’elle était enfant. C’est un beau roman d’une fille sur sa mère, qui a été justement une drôle de mère, et a sans doute fait comme elle a pu. Mais au final, ce roman, très pudique, m’a laissée sur ma faim, comme si je n’avais finalement rien à tirer de ce roman. J’aime les histoires personnelles mais celle ci nous laisse sans voix, sans opinion, sans leçon. C’est aussi tout le talent de l’auteur mais je suis restée avec un goût d’inachevé, l’impression que l’histoire n’était pas terminée, pas assez creusée… tout en comprenant la pudeur de l’auteur et la préservation de l’intimité familiale.


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Le pays de mon père, Wibke Bruhns

Cet ouvrage est un document sur une famille allemande dans l’Allemagne moderne, à parti de la fin du XIXème siècle. L’auteur, dernier enfant d’une famille nombreuse, ne connaît presque pas son père, exécuté après avoir participé à la conspiration contre Hitler en 1944. Elle s’interroge, alors que, en tant que journaliste, elle part s’installer avec sa famille à Jérusalem, sur le passé nazi de ses parents notamment mais également sur l’histoire de sa famille.

Je dois dire tout d’abord que je ne suis pas allée au bout de ce livre. J’ai aimé le style de l’auteur et le projet qui apparaît dans tout ça. Mais j’avoue que l’auteur m’a perdu dans l’enfance de son père et sa participation à la Première guerre mondiale. Le démarrage est un peu lent bien que l’analyse et les faits racontés par l’auteur nous dresse un portrait passionnant d’une famille allemande depuis Bismarck. Mais on en reste trop à des événements strictement privés, en tout cas dans le 1er tiers du livre.  J’avoue que ce n’est finalement pas ce à quoi je m’attendais et j’ai préféré arrêter là, en me disant que j’avancerai peu à peu, dans la vie de cette famille, sans en faire un livre de chevet.


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Un roman français, Frédéric Beigbeder

L’histoire: L’auteur raconte en parallèle son enfance et son arrestation pour consommation de cocaïne. Celle ci lui permet de revenir sur son enfance, ses origines à la fois bourgeoises et nobles, le divorce de ses parents, la relation avec son frère (notamment fondateur de Poweo)…

J’ai vu que sur Amazon, les critiques de ce livre sont assez violentes! Parce que, pour certains, quand on a grandi dans un milieu bourgeois et qu’on est une célébrité, on a le droit de se plaindre de rien! Frédéric Beigbeder ne m’a ni ennuyée ni agacée, et pourtant, je ne le plaindrais pas quand il évoque sa garde à vue pour consommation de cocaïne sur le capot d’une voiture de luxe! Je m’attendais à un roman et surtout à un livre sur deux frères. Ce n’est pas le cas. L’auteur raconte ses souvenirs d’enfance et fait le lien avec sa vie d’aujourd’hui, ses angoisses, ses échecs plutôt que ses réussites. Je l’ai trouvé drôle, souvent, touchant aussi! Et j’ai bien aimé son style. Il y a des passages vraiment jolis sur l’enfance ou sur le fait d’être parent, mais il y a aussi des passages moins intéressants, sans aucun doute. Je relirais sans aucun doute cet auteur, qui me semble bien plus humain désormais, sans m’attirer une trop franche sympathie..


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Une vie, Simone Veil

Dans son autobiographie, Simone Veil confie son enfance ainsi que ses années d’engagement en politique. Une vie loin d’être banale…

Résumé: Simone Veil est une survivante de la Shoah, cela a largement été commenté. Elle revient sur son enfance heureuse sur la côte d’Azur et sur ces années de déportation où elle a cotoyé l’horreur. Elle nous dépeint, par là, la société française de l’après-guerre qui n’a pas voulu ou pu écouter les déportés de retour. Elle évoque, par la suite, son travail dans le milieu carcéral puis le contexte de sa nomination au gouvernement et la défense de la loi légalisant l’avortement, qui porte aujourd’hui son nom.

Cette autobiographie est vraiment intéressante pour comprendre le parcours de Simone Veil et comment sa terrible expérience des camps a, par la suite, toujours guidé son engagement politique et humain. C’est une femme qui force le respect, peu importe que l’on partage ses opinions politiques ou non. Ce livre donne également sa vision de la société française, son expérience et les circonstances politiques de la loi Veil. notamment  Bref, une saine lecture qui permet de relativiser nos petits malheurs quotidiens, sans jamais tomber dans le pathos, et qui montre que l’on peut vivre en harmonie avec ses convictions.

Petite anecdote : Simone Veil a intitulé ses mémoires Une vie en hommage au roman de Maupassant qu’elle aime beaucoup…